Techniques d'orfèvrerie La création
Regarder, admirer, toucher un bijoux traditionnel, cela devrait toujours inciter à songer aux techniques qui ont été utilisées pour sa réalisation. Elle délimite le domaine de la création, forcément restreint pour des objets dans la forme générale est dictée par le lieu et l'époque. Mais il reste le champ du décor, qui, lui, est plus directement lié à la personnalité de l'artisan, et le consacre s'il se montre habile et inventif dans cet étroit espace de liberté. Les métaux des bijoux
Les bijoux renvoient aussi inéluctablement aux métaux dont ils sont faits, substance rigide dont le traitement impose ses contraintes ; l'exacte application des énergies déployées, la force, le feu, dépend la réussite des parures. Toute l'orfèvrerie qui est parvenue jusqu'à nous où se fabriquent sous nos yeux porte donc témoignage une oeuvre humaine souvent complexe. Parfois le savoir-faire dont elle est le résultat ne pourrait imaginer et non contemplé ; beaucoup de techniques anciennes ne se pratiquent plus, mais cela voilà peine de se pencher parfois à la loupe, sur les traces tenaces de leur emploi. Elles ont contribué à entretenir une fascination qui a traversé les âges pour les parures somptueuses. D'autre part les retours en arrière font découvrir dans toute sa splendeur l'éventail des ressources un artisanat aux multiples facettes, hérité d'un lointain passé, est véhiculé par les bijoutiers juifs dont il était l'apanage. Le travail des métaux précieux commence toujours par une étape indispensable, la fusion du métal dans un creuset permettant de le couler dans un moule ; de celui-ci sort un objet ayant déjà pratiquement sa forme définitive, ou un lingot a attaquer au marteau. On peut donner à fondre un bijou ancien cassé, usé, passé de mode ; cet usage très répandu réduit le nombre de pièces qui ont traversées le temps. L'artisan peut acheter aussi du métal vierge de toute utilisation antérieure, qui est importé. Les abords des murailles d'Essaouira n'ont-ils pas longtemps vibré sous les pas des caravanes, qui, via Tombouctou, amené d'Afrique Noire leurs précieux chargements desacs de poudre d'or… Ce commerce séculaire a été florissant jusqu'à la fin du XIXe siècle. Utilisation de la monnaie Les pièces de monnaie en argent ont aussi de longue date servie de manière première à cause de la garantie de leurs titres, et de l'abondance des réserves, qui ne sont plus qu'un souvenir. Pendant très longtemps on a ainsi utilisé douros hassanis, pièces coulées par la monnaie française pour le sultan Moulay Hassan il y a un peu plus d'un siècle, ainsi que des monnaies étrangères diverses. Si beaucoup ont été fondues, d'autres, une fois percée ou munie d'une attache, ont été employé tel quel. Il ne s'agit pas seulement des pièces de petite taille utilisée comme pendeloques, mais de monnaies plus grandes disposées côte à côte sur des bandeaux ou associés sur plusieurs rangs pour former un pectoral. Ce type de parure semble avoir remplacé, dans le moyen atlas notamment, des bijoux plus élaborés de se fabriquer plus, tout en conservant la valeur objective de l'argent. Dans l'ancienne zone du protectorat espagnol, les pièces de cinq pesetas des années 1869 1870 affichant toutes lettres une teneur de neuf cent millièmes d'argent , et un nombre de 40 pièces par kilogramme ; pour ce poids on l'aura 100 pièces de deux pesetas. Même écrit en espagnol, de telles précisions manquent un peu de discrétion, mais on comprend que ces pièces est eu la faveur des femmes qui dans le rif, les suspendaient sous l'arc des boucles d'oreilles, au fil des colliers, ou encore les coûts et sur des bandeaux. Les bijoux moulés
Les bijoux le plus simple à fabriquer sont des bijoux moulés. Le métal en fusion écoulait directement dans un moule portant en creux l'empreinte de l'objet qu'on désire obtenir. Cette technique est encore employée pour les bijoux d'argent au sud-est du haut atlas mais a été utilisé très largement autrefois au nom de ce massif ; un modèle en métal non précieux, où le bijou qu'on peut reproduire, est pressé entre deux masses de sable humide maintenu dans des cadres de fer. Une fois le modèle enlevé, il suffit de couler à sa place de métal en fusion. Mais le moule constitué par les masses de sable rapprochée ne peut guère servir qu'une fois. Les artisans des régions du Nord ont adopté aussi pour certains objets des moules réalisés en bronze, formé de deux pièces portant en creux l'ornementation qui apparaîtra ensuite en relief. Ces deux partis étroitement accolés délimitent un puits de coulage pour le métal fondu ; une fois celui-ci refroidit, il suffit de les écarter pour récupérer l'objet moulé. Cette technique, qui donne des produits finis, a été utilisé pour des bijoux d'argent parmi les plus courants, comme les fibules dont le corps d'un anneau sont naturellement faits séparément. La même technique permettait d'obtenir de nombreuses variétés de bracelets d'argent moulé, inséparable de la parole rurale de l'atlas à la méditerranée ; les moins épais, convoyé aussi en ville, est écoulé en bar, couper la bonne longueur avant d'être soudé sur elle-même. On a retrouvé également des moules de petites boucles d'oreilles plates, sans doute assez répandue parce que très bon marché, à cause de leur faible poids et de la facilité de leur fabrication. Enfin il semble colosse de seiche, matériau particulièrement friable susceptible de prendre l'empreinte d'un modèle, ait été utilisé pour faire des moules fins de petites pièces en or, qui, dit-on, avait l'intérêt de pouvoir servir jusqu'à cinq fois. Mais l'emploi du moulage, en dehors des productions semi industrielles qui n'entrent pas dans le cadre de cette étude, est devenu exceptionnel au nord de l'atlas. Le recours au moulage s'expliquait tout à fait pour les fibules et et les bracelets d'argent berbères, parce que ses bijoux, porter constamment, subissant d'attractions ou des chocs, se devait d'avoir la robustesse, donc il s'heure que conférer cette technique. Les costumes drapés ont été remplacés progressivement par des vêtements à manche et boutonnage, qui rendent superflue la possession de fibules. Les gros brassées de bon argent était autrefois un capital ambulant, protégé par son lien avec le corps, et une valeur sûre aisément négociable en cas de besoin ; les rapports de la société rurale avec ses finances ont changé, et donc aussi à avec les bijoux d'argent. Depuis longtemps ils ont perdu du terrain, jusqu'à devenir de nos jours des raretés. La parure d'une femme, d'ailleurs, dans le sens esthétique que nous lui donnons jargon, a peu à faire avec les bijoux moulés : ce ne sont pas eux qui produisent le plus d'effet. Celui-ci est plutôt proportionnel à la surface de métal précieux exhibé, et à l'ornementation qui l'enrichit encore. D'où l'importance d'obtenir des feuilles minces d'argent ou d'or, et de les décorer selon les goûts qui règnent au moment et dans les régions de la fabrication du bijou. Mais pendant qu'ils ancien, par exemple, témoin de la façon dont le métal a été plané pour présenter la plus grande surface possible. Un lingot de formes simples, ACP, préalablement coulées, a été longuement martelé sur une enclume jusqu'à l'obtention d'une plaque de l'épaisseur souhaitée ; la grande malléabilité des métaux précieux à éviter qu'on y voit des brisures, et l'habileté de l'artisan a donné la régularité de son épaisseur. Mais, de nos jours, les quartiers d'artisans bijoutiers possèdent tous un ou plusieurs ateliers de laminage, qui débitent omettre des bandes de métal à l'épaisseur désirée. Celles-ci passent entre les robustes rouleaux de volumineux laminoirs. |